En marge du débat général de l’ONU à New York, l’organisation a tiré la sonnette d’alarme face à la multiplication des violences en ligne visant les femmes et les filles. L’Ambassadrice mondiale de l’initiative Spotlight a exhorté les États à instaurer un cadre juridique contraignant pour réglementer les plateformes numériques.
Elle a dénoncé la prolifération d’espaces virtuels où des contenus à caractère sexiste et violent sont largement diffusés, citant notamment un groupe Facebook réunissant plusieurs dizaines de milliers d’hommes partageant des images intimes de leurs partenaires sans leur consentement. Selon elle, ces actes reflètent une perception profondément inégalitaire des rapports entre les sexes, alimentée par des technologies qui facilitent la diffusion de la haine.
L’émergence de l’intelligence artificielle s’accompagne de nouvelles formes de violences numériques, comme le chantage sexuel, la divulgation non autorisée de données, le cyberharcèlement ou encore les violences fondées sur l’image. Ces pratiques touchent un public de plus en plus jeune, dans un environnement où les messages misogynes sont rapidement diffusés.
L’initiative Spotlight, soutenue par l’ONU, affirme que les effets de la violence en ligne sont comparables à ceux des violences subies dans la vie réelle. Elle appelle les plateformes à agir de manière proactive, à détecter les comportements abusifs et à coopérer avec les autorités judiciaires.
Une étude récente montre qu’un adolescent peut être exposé à des messages misogynes en moins de trente minutes après s’être connecté, une fois que les algorithmes ont identifié son profil. Face à cela, des initiatives voient le jour pour contrer ces contenus, en mobilisant des influenceurs et en développant des jeux vidéo porteurs de messages positifs.
Les intervenants ont insisté sur la nécessité d’impliquer davantage les hommes dans la lutte contre les violences sexistes, notamment à travers des actions éducatives ciblées. Pour les responsables onusiens, il est urgent de réagir afin de prévenir l’ancrage de discours haineux dans les habitudes numériques des jeunes générations.






