La sixième édition du « Mois du consommer local » a été lancée le 1er octobre 2025 au Burkina Faso. À cette occasion, l’UEMOA a organisé à Ouagadougou une conférence axée sur le rôle du consommer local dans le développement de chaînes de valeur régionales compétitives.
Les échanges ont souligné l’importance de promouvoir une nouvelle génération d’entrepreneurs capables de transformer les matières premières disponibles localement en produits de qualité, accessibles et adaptés aux marchés régional et international.
Pour le panéliste Sa Sylvanus Traoré, consommer local ne doit pas être perçu comme un simple slogan, mais comme une démarche citoyenne et un levier de développement. Il appelle les producteurs et transformateurs à garantir la qualité et la conformité de leurs produits afin de renforcer la confiance des consommateurs.
Le commissaire de l’UEMOA, le Pr Filiga Michel Sawadogo, estime que la consommation locale contribue à la construction d’un écosystème économique régional intégré. Selon lui, l’adoption d’outils numériques, la traçabilité des produits, l’e-commerce et l’innovation logistique sont indispensables pour moderniser les circuits de production et de distribution, en particulier pour les petites et moyennes entreprises. Il plaide pour une mobilisation concertée des États membres, du secteur privé et des partenaires techniques afin de faciliter l’accès au financement et de renforcer les capacités productives.
Le commissaire a rappelé que l’UEMOA a mené plusieurs réformes communautaires et investi dans des infrastructures structurantes. Il a également mis en avant les résultats économiques de l’Union, avec un taux de croissance de 6,3 % en 2024, contre 5,2 % l’année précédente, et une inflation contenue à 3,5 %.
Cependant, il a souligné les limites de cette performance, notamment la dépendance persistante aux exportations de matières premières peu transformées et les difficultés d’approvisionnement rencontrées par les unités locales de transformation. Le faible niveau des échanges intra-communautaires et la faible compétitivité des économies de l’Union constituent, selon lui, des freins majeurs à la création de valeur ajoutée.
Le plan stratégique 2025-2030 de l’UEMOA, baptisé Impact 2030, vise à remédier à ces défis. Il repose sur cinq priorités : le développement des écosystèmes de production, la construction d’infrastructures économiques, l’amélioration du développement humain, le renforcement de l’intégration régionale et la modernisation de la gouvernance.
Le Pr Sawadogo a conclu en invitant les entreprises à investir dans la qualité pour inciter les populations à privilégier les produits issus de l’espace communautaire.






