En marge du débat annuel de l’ONU, une réunion de haut niveau s’est tenue à New York autour des maladies non transmissibles (MNT) et de la santé mentale. À cette occasion, les États membres ont largement soutenu une première déclaration politique mondiale sur ces enjeux majeurs de santé publique. L’adoption formelle du texte a toutefois été reportée à octobre, faute de consensus final.
En ouvrant les discussions, la Présidente de l’Assemblée générale, Annalena Baerbock, a rappelé que personne n’est à l’abri des MNT. Ces pathologies sont responsables de plus de 43 millions de décès chaque année, principalement dans les pays à revenu faible ou intermédiaire. Les troubles mentaux touchent quant à eux plus d’un milliard de personnes dans le monde et constituent la principale cause de décès chez les adolescents, a souligné Amina J. Mohammed, au nom du Secrétaire général de l’ONU.
Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a salué une déclaration ambitieuse, jugée la plus complète à ce jour. Elle fixe des objectifs mesurables à atteindre d’ici 2030, comme la réduction de 150 millions du nombre de consommateurs de tabac, une meilleure prise en charge de l’hypertension pour 150 millions de personnes supplémentaires, et un accès accru aux soins de santé mentale pour un nombre équivalent.
La déclaration met également l’accent sur la lutte contre la stigmatisation liée à la santé mentale. Elle prévoit un renforcement des soins dans les structures de santé primaires, un meilleur accès aux médicaments essentiels, ainsi que la mise en place de systèmes de suivi des progrès réalisés.
Le texte appelle les États à exploiter les technologies pour améliorer la prévention et la prise en charge des MNT et des troubles mentaux. Il invite aussi le secteur privé à contribuer davantage. Les engagements proposés tiennent compte des leçons de la pandémie de COVID-19 et des besoins des groupes vulnérables, y compris ceux exposés aux effets du changement climatique ou vivant en situation de crise humanitaire.
La portée de la déclaration s’étend à de nouveaux domaines, tels que la santé bucco-dentaire, les maladies rares, les cancers pédiatriques, les pathologies hépatiques, rénales et respiratoires. Elle intègre également des considérations environnementales, comme la pollution de l’air, l’exposition aux produits chimiques dangereux et aux combustibles polluants.
Les effets des usages numériques sur la santé mentale sont également abordés, notamment les risques liés à l’exposition prolongée aux écrans, aux contenus nuisibles et à la désinformation. Enfin, la déclaration évoque la nécessité de mieux encadrer les cigarettes électroniques, le marketing alimentaire ciblant les enfants, et de renforcer les politiques d’étiquetage nutritionnel.






