Trente ans après l’adoption de la Déclaration de Beijing, l’ONU a réuni à New York des représentants d’États, d’organisations civiles, du monde universitaire et du secteur privé pour faire le point sur les engagements pris en faveur des droits des femmes et identifier les leviers d’accélération.
En ouverture de la réunion, la Présidente de l’Assemblée générale des Nations Unies, Annalena Baerbock, a salué l’héritage de cette conférence qui, selon elle, a posé les bases d’avancées majeures en matière de droits, de ressources et de représentation pour les femmes. Elle a toutefois rappelé que l’égalité reste hors de portée dans tous les pays. Les violences, les écarts économiques et les menaces contre celles qui défendent ces droits persistent.
Le Secrétaire général António Guterres a souligné que la Déclaration de Beijing reste à ce jour l’engagement politique le plus ambitieux en faveur des droits des femmes. Il a reconnu ses effets positifs sur la législation, l’éducation et la participation des femmes à la vie publique, tout en appelant à renforcer les efforts.
La Directrice exécutive d’ONU Femmes, Sima Bahous, a mis en avant plusieurs avancées, comme l’augmentation du nombre de filles scolarisées et la progression de la représentation féminine dans les parlements. Mais elle a averti que ces progrès restaient inégaux et fragiles. Aujourd’hui, près de 700 millions de femmes et de filles vivent dans des zones de conflit, où elles subissent violences, déplacements et insécurité alimentaire.
La Directrice exécutive du Fonds des Nations Unies pour la population, Diene Keita, a insisté sur la nécessité d’assurer à chaque femme le droit de prendre librement des décisions sur sa santé, son corps et sa vie. Elle a appelé à transformer les engagements de Beijing en actions concrètes, à travers des investissements ciblés.
Cecilia Suárez, Ambassadrice de l’initiative Spotlight, a dénoncé l’écart de financement entre les politiques pour l’égalité et les dépenses militaires mondiales. Elle a rappelé que des résultats sont possibles, à condition d’un engagement politique clair.
La militante yézidie Nadia Murad a conclu en appelant la communauté internationale à renforcer le soutien aux organisations de femmes, à garantir leur participation aux processus de paix et à poursuivre les auteurs de violences. Pour elle, la justice et la paix ne seront possibles que si les femmes sont pleinement intégrées aux décisions.






