Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a appelé à accorder une place plus importante à l’Afrique dans la prise de décisions internationales, lors de la 9e Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (TICAD), qui s’est tenu du 20 au 23 août dernier à Yokohama, au Japon. Saluant le dynamisme du continent, il a souligné que l’Afrique, avec la population la plus jeune du monde, des ressources naturelles abondantes et un esprit d’entreprise vif, est prête à aller de l’avant. Le thème de cette édition, « Co-créer des solutions innovantes avec l’Afrique », illustre selon lui la nécessité de bâtir, aux côtés des acteurs africains, un avenir plus pacifique, plus prospère et plus durable. Il a insisté sur l’urgence d’accélérer les progrès en matière d’Objectifs de développement durable (ODD), grâce à des investissements ciblés, des réformes structurelles et des partenariats renforcés.
António Guterres a mis l’accent sur la nécessité de réformer les institutions de gouvernance mondiale afin qu’elles reflètent les réalités actuelles, déplorant notamment l’absence de membre permanent africain au Conseil de sécurité des Nations Unies. Il a également dénoncé une architecture financière internationale injuste et inéquitable, appelant à des mesures audacieuses en matière d’allégement de la dette. Le chef de l’ONU a encouragé l’investissement dans des chaînes de valeur mondiales durables, soulignant que l’Afrique doit pouvoir tirer pleinement profit de ses matières premières, en créant des emplois décents et en renforçant sa résilience économique. Il a salué le potentiel de la Zone de libre-échange continentale africaine comme levier d’intégration régionale.
Le paradoxe énergétique africain a également été abordé : bien que le continent dispose d’un immense potentiel en matière d’énergies renouvelables, il n’attire que 2 % des investissements mondiaux dans ce secteur, tandis que 600 millions d’Africains n’ont toujours pas accès à l’électricité. António Guterres a insisté sur le fait que les pays africains producteurs de minéraux essentiels à la transition énergétique doivent être les premiers à en bénéficier, en ajoutant de la valeur localement à leurs ressources. Il a aussi plaidé pour une meilleure exploitation du numérique et de l’intelligence artificielle au service du développement, affirmant que le leadership technologique du Japon peut jouer un rôle crucial pour combler la fracture numérique et offrir aux pays africains des infrastructures numériques publiques adéquates.
Mettant en avant le rôle central des jeunes dans la construction de l’avenir du continent, il a exhorté à investir davantage dans l’éducation, en particulier dans les domaines des sciences, de la technologie, de l’ingénierie et des mathématiques. Il a également souligné l’importance de la pleine participation des femmes à la vie économique, sociale et politique. Enfin, António Guterres a rappelé le lien indissociable entre paix et développement durable, appelant à faire taire les armes, à mettre fin à toutes les formes de violence et à renforcer la cohésion sociale, conditions essentielles pour attirer les investissements et favoriser la prospérité du continent.
Créée en 1993, la TICAD est co-organisée par le Japon, l’ONU, le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), la Banque mondiale et la Commission de l’Union africaine. Elle vise à promouvoir le développement, la paix et la sécurité en Afrique à travers des partenariats multilatéraux solides. « Depuis plus de trois décennies, la TICAD incarne l’esprit du multilatéralisme, fondé sur le respect mutuel, la responsabilité partagée et une foi profonde dans le potentiel de l’Afrique », a conclu le Secrétaire général.






