Le cycle de l’eau connaît un déséquilibre croissant, marqué par des épisodes de sécheresse et d’inondations de plus en plus fréquents, selon un rapport de l’Organisation météorologique mondiale publié ce jeudi 18 septembre. L’OMM avertit que ces extrêmes affectent directement les sociétés et les économies.
En 2024, seuls un tiers des bassins fluviaux ont connu des niveaux d’eau considérés comme normaux par rapport à la période de référence 1991-2020. Les deux tiers restants ont subi un excès ou un déficit d’eau. Il s’agit de la sixième année consécutive de déséquilibre hydrologique.
L’année a été la plus chaude jamais enregistrée, avec un épisode El Niño contribuant à la sécheresse dans certaines régions et à des précipitations anormalement élevées dans d’autres. Les conséquences ont été visibles à travers le monde, avec des inondations majeures au Pakistan, au Soudan du Sud et à Bali.
Plusieurs bassins fluviaux ont connu des débits très inférieurs à la normale. C’est le cas de l’Amazone, du São Francisco, du Paraná et de l’Orénoque en Amérique du Sud, ainsi que du Zambèze, du Limpopo, de l’Okavango et de l’Orange en Afrique australe. À l’inverse, des crues importantes ont été enregistrées au Sénégal, au Niger, autour du lac Tchad et dans le bassin du Volta. En Europe centrale et en Asie, les niveaux d’eau ont dépassé les moyennes dans des bassins tels que ceux du Danube, du Gange, du Godavari et de l’Indus.
Le rapport met aussi en évidence la surexploitation des nappes phréatiques. Dans 47 pays, seulement 38 % des puits observés présentaient des niveaux d’eau normaux. Cette pression sur les ressources souterraines compromet leur durabilité et fragilise les écosystèmes qui en dépendent.
La fonte des glaciers s’est poursuivie à un rythme soutenu. En 2024, 450 gigatonnes de glace ont disparu, soit l’équivalent d’un volume de 7 kilomètres de côté, ou encore de quoi remplir 180 millions de piscines olympiques. Cette perte affecte l’accès futur à l’eau douce dans de nombreuses régions.
Face à ces constats, l’OMM appelle à une action coordonnée pour protéger les ressources en eau et restaurer l’équilibre du cycle hydrologique mondial.






