Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a appelé les États à intensifier leurs efforts contre le dérèglement climatique, affirmant qu’il est encore possible de limiter la hausse des températures mondiales à 1,5 °C d’ici la fin du siècle. Il s’exprimait lors d’un sommet organisé en marge de l’Assemblée générale des Nations Unies, quelques semaines avant la COP30 prévue à Belém, au Brésil.
Devant un parterre de dirigeants politiques, économiques et de représentants de la société civile, António Guterres a rappelé les conséquences d’un dépassement de ce seuil, soulignant que les données scientifiques comme les dynamiques économiques plaident en faveur d’une transition accélérée vers des modèles durables.
Plusieurs dirigeants ont renouvelé leurs engagements, à l’image de la Chine, qui prévoit de réduire ses émissions de 7 à 10 % d’ici 2035. Les événements climatiques extrêmes survenus cette année, tels que les inondations en Asie du Sud, les incendies en Amérique du Nord ou les vagues de chaleur en Europe, ont illustré l’urgence d’une réponse plus cohérente et coordonnée.
Alors que l’Organisation météorologique mondiale indique que 2024 a été l’année la plus chaude jamais enregistrée, les fractures géopolitiques freinent les avancées, notamment après le retrait des États-Unis de l’Accord de Paris début 2025. Guterres a cependant insisté sur le potentiel de l’énergie propre, qui représente aujourd’hui la source d’électricité la plus rapide à développer et la moins coûteuse. Il a précisé que malgré les subventions persistantes aux énergies fossiles, les investissements dans les énergies renouvelables ont doublé ceux dans les énergies fossiles l’année passée.
L’Accord de Paris, signé en 2015, a permis de faire évoluer les trajectoires : la hausse prévue des températures, qui s’élevait à 4 °C, est désormais estimée à 2,6 °C si les engagements actuels sont respectés. Mais Guterres a insisté sur la nécessité de plans plus ambitieux d’ici 2035, afin d’atteindre les objectifs fixés. Ces plans devront inclure toutes les émissions et tous les secteurs, avec une transition énergétique accélérée à l’échelle mondiale.
Il a salué les progrès réalisés dans certains pays, citant la Chine, qui a atteint ses objectifs éoliens et solaires avec six ans d’avance, et l’Inde, dont 50 % de la capacité électrique provient désormais de sources non fossiles, soit cinq ans avant l’échéance prévue.
Guterres a fixé cinq priorités pour accélérer l’action climatique : réduire l’utilisation des combustibles fossiles en développant les énergies propres, limiter les émissions de méthane, préserver les forêts, transformer l’industrie lourde grâce aux nouvelles technologies, et garantir une justice climatique pour les pays en développement. Il a insisté sur la nécessité de débloquer des financements pour ces pays, afin qu’ils puissent à la fois s’adapter aux impacts du changement climatique et bénéficier des opportunités de la transition énergétique.
Le secrétaire général a conclu en appelant à faire de la COP30 un moment décisif pour remettre le monde sur une trajectoire compatible avec les objectifs climatiques.






